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Le Faso Dan Fani

Le Faso Dan Fani
 une originalité textile africaine à la mode

Le Faso Dan Fani

Connu avant l’arrivée des colonisateurs en Afrique, l’étymologie du Faso Dan Fani a été retrouvée dans les écrits des anthropologues qui ont parcouru l’Afrique de l’Ouest au XIXe siècle. Présent sur une grande partie du continent,  c’est particulièrement au Burkina Faso que l’on retrouve ce produit fini du coton qui fait la fierté de bon nombre de pays d’Afrique.

Le Faso Dan Fani
Le Mogho Naaba, rois des mossis, une des ethnies au Burkina Faso, habillé en Faso Dan Fani. Photo. Afrika tiss

Qu’est ce que le Faso Dan Fani?

Le Faso Dan Fani ou le Kôko don da est un tissu (communément appelé pagne) tissé localement à la main par des tisserands à partir du coton produit tout droit des champs des petits agriculteurs. Le Faso Dan Fani signifie littéralement « pagne tissé de la patrie » en Dioula, une des langues parlées en Afrique de l’Ouest. Ce tissu fait à base de fil de coton lourd, non génétiquement modifié, est un produit stratégique pour le Burkina Faso. D’ailleurs s’il y a des symboles patriotiques dans ce pays, le Faso Dan Fani en serait probablement un. Si le Faso Dan Fani était connu depuis des millénaires en Afrique et plus particulièrement au Burkina Faso (pays des hommes intègres), c’est sous le règne du mythique président Thomas Sankara, que produit deviendra un symbole de l’identité nationale.

 

Fortement ancré et porté par les idées communistes et anticolonialistes, le président aimait à répéter que « porter le faso dan fani est un acte économique, culturel et politique de défi à l’impérialisme ». Soucieux de mettre en avant ces tissus locaux et de développer les productions nationales, Sankara rend obligatoire le port du Faso Dan Fani pour les fonctionnaires. Il popularise fortement ce tissu traditionnel, d’où le surnom de « Sankara arrive » donné aux tenues cousues avec le Faso Dan Fani. Entre autres objectifs, c’était de promouvoir le travail et l’émancipation des femmes et par conséquent le développement de l’économie de son pays. C’est le lieu de rappeler que la chefferie traditionnelle (les Naba, ces chefs de village) dont l’empereur des Mossis fait partie, le porte aussi à chaque occasion d’événements festifs.

Dan Fani signifie littéralement « pagne tissé de la patrie » en dioula, une des langues parlées en Afrique de l’Ouest. Ce tissu fait à base de fil de coton lourd, non génétiquement modifié, est un produit stratégique pour le Burkina Faso. D’ailleurs s’il y a des symboles patriotiques dans ce pays, il en serait probablement un. Si il était connu depuis des millénaires en Afrique et plus particulièrement au Burkina Faso (pays des hommes intègres), c’est sous le règne du mythique président Thomas Sankara, que produit deviendra un symbole de l’identité nationale. Fortement ancré et porté par les idées communistes et anticolonialistes, le président aimait à répéter que « porter le faso dan fani est un acte économique, culturel et politique de défi à l’impérialisme ». Soucieux de mettre en avant ces tissus locaux et de développer les productions nationales, Sankara rend obligatoire le port du Faso Dan Fani pour les fonctionnaires. Il popularise fortement ce tissu traditionnel, d’où le surnom de « Sankara arrive » donné aux tenues cousues avec le Faso Dan Fani. Entre autres objectifs, c’était de promouvoir le travail et l’émancipation des femmes et par conséquent le développement de l’économie de son pays. C’est le lieu de rappeler que la chefferie traditionnelle (les Naba, ces chefs de village) dont l’empereur des Mossis fait partie, le porte aussi à chaque occasion d’événements festifs.

Un produit labélisé

Depuis 2019, le Faso Dan Fani est en cours de labélisation par le gouvernement du Burkina Faso.  Ceci, dans l’optique protéger la production textile artisanale et lutter contre les contrefaçons. Ce processus de labélisation est venu à son terme en Février 2021 et l’étoffe connaît depuis lors, un regain d’intérêt. C’est le lieu de rappeler que le Faso Dan Fani n’est pas utilisé que pour les habits ; des stylistes l’utilisent pour confectionner des sacs, des pochettes et écharpes, des coiffes à pinces, des cravates et boutons de manchettes, des ceintures, et aussi des accessoires professionnels comme des porte-documents.il

Des difficultés du marché pour un essor économique de la production locale

Étant plus onéreux que le tissu Wax Hollandais, le Faso Dan Fani est perçu comme élégant. Mais toutes les catégories sociales ne sont pas toujours en mesure de s’en procurer. L’importation d’imitations de qualité plus ou moins bonne mais surtout beaucoup plus abordables des pays comme la Chine, ne permet pas de développer le marché localement. Par exemple, des pagnes imprimés en Asie inondaient les marchés et coûtent dix fois moins cher que les originaux Burkinabès. Il s’agit donc de sensibiliser les populations à une consommation réfléchie favorisant les tisserandes et artisans burkinabé. Cette sensibilisation passe notamment par la promotion du Faso Dan Fani dans la haute couture et le monde de la mode. Une invitation de CICA à la diaspora africaine et aux Canadiens soucieux de préserver la diversité d’y penser.

Le Faso Dan Fani


Sovi L. Ahouansou

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