Le habar kada: Un chapeau traditionnel en milieu haoussa …

En ce mois de juin où nous célébrons la fête des pères et la journée de l’enfant africain, le Centre de l’Identité et de la Culture Africaines (CICA), dans ce numéro de son magazine « Le Griot », vous présente, dans sa rubrique « la mode », un chapeau traditionnel en milieu haoussa.

Les haoussas : un peuple d’Afrique

Les Haoussas sont un peuple du Sahel essentiellement établi au nord du Nigeria, dans le sud du Niger jusqu’au lac Tchad et dans toutes les dix régions du Cameroun. Il constitue une des ethnies les plus importantes d’Afrique. On les retrouve aussi au nord du Bénin, au Ghana, et à l’est du Mali. Quelques petites communautés sont éparpillées à travers l’Afrique de l’Ouest ainsi que sur la route du pèlerinage musulman du hajj qui part de l’Afrique de l’Ouest et passe par le Tchad et le Soudan. Beaucoup d’Haoussas se sont établis vers les grandes villes côtières d’Afrique de l’Ouest comme LagosAccra, et Cotonou ou vers la Libye. La littérature rapporte que les Haoussas représentent 22% de la population du Nigeria, le pays le plus peuplé de l’Afrique, pendant qu’au Niger voisin, ils sont 55% de la population. L’ethnie Haoussa parle une langue également appelée Haoussa. Cette langue africaine serait parlée par plus de 60 millions de locuteurs dans le monde.

 

Le chapeau en Afrique: une identité culturelle

Les personnes ayant une ascendance commune portent souvent une coiffure distinctive qui affirme leur identité nationale, leur appartenance à un clan, leurs opinions politiques ou des intérêts culturels communs. C’est le cas en Afrique où plusieurs membres des communautés abhorrent le chapeau cet élément vestimentaire, pour signifier leur appartenance à telle ou telle communauté. Parfois, leur coiffure est adoptée par d’autres personnes en raison de son caractère pratique ou attrayant, ou de la fascination qu’exerce la culture à laquelle elle est associée.

Au Nigeria, l’ancien président Goodluck Jonathan, est presque toujours vêtu de son feutre noir, un chapeau très porté dans le sud pétrolifère du pays dont il est originaire. Son prédécesseur Olusegun Obasanjo, Yoruba, l’ethnie majoritaire à Lagos, revêt son “gobi”, un chapeau en tissu orné de broderies, qui peut être dressé tout droit sur la tête ou incliné, ou bien l'”abeti aja”, dont les bouts triangulaires tombent des deux côtés du visage, comme des oreilles de chien.

Chez les Ibos, seuls les chefs traditionnels et les rois portent un petit fez rouge semblable à ceux portés en Afrique du nord, nous rapportent la littérature.

Le “habar kada” : un accoutrement intemporel chez les Haoussas

Peut-on rencontrer un Haoussa s’habiller sans son chapeau? Les ethnologues africains vous répondront en majorité “non”. Un Haoussa ne s’endimanche pas sans son chapeau. En Afrique et plus précisément au Nigeria, beaucoup d’hommes continuent à porter des chapeaux aux formes, aux tailles, aux couleurs et aux motifs divers, chacun d’entre eux ayant une signification précise. Chez les Haoussas, c’est le “habar kada”, groupe de population pour qui, le port du chapeau est une seconde nature. Selon monsieur Léré Adéyèmi, professeur à l’université de Lagos (Nigeria), le port du chapeau est une “éthique de la culture” du pays.

Le président Muhammadu Buhari du Nigeria fièrement son “habar kada” sur la tête (source : themailnewsonline.com)

Pour son collègue Benjamin Ofomadu, un professeur retraité âgé de 76 ans, « ne pas porter de chapeau avec une tenue traditionnelle, c’est un comportement irresponsable et même un sacrilège culturel ».

Au Nigeria, le port du chapeau “est une marque de respect” pour soi-même, avant tout, estime M. Adéyèmi. “Quand on ne porte pas de chapeau, la tenue traditionnelle n’est pas complète“, insiste-t-il, cela traduit “une déconnexion entre l’homme et sa propre culture”.

Sovi L. Ahouansou

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