Littérature Afro ☀ 

Les papas, ces Héros de l'ombre

Défis, sacrifices et engagement des hommes africains immigrants

Patrick et sa fille Skylar | Photos crédit: Gracieuseté de Patrick Bizindavyi

Selon le site test.psychologies.com, un héros de l’ombre est plutôt du style discret, silencieux, ne vise pas à être repéré et valorisé. Au contraire, il perdrait son essence même s’il devenait un motif de fierté ou une source de reconnaissance. Si, je me tiens à cette définition, beaucoup d’entre nous, pères africains immigrants, sommes des héros de l’ombre. Cependant, je suis du même avis que Stromae dans sa chanson “Papaoutai”: Tout le monde sait comment on fait les bébés, mais personne ne sait comment on fait des papas. Loin de s’ériger en porte-parole de tous les pères, je vais juste, à travers ces quelques lignes, partager mon histoire. C’est la seule que je connais avec certitude.
Fils aîné d’une famille de trois garçons, j’ai été élevé par une mère monoparentale. Si on me demandait mon avis, c’est plutôt elle l’héroïne. Avec des moyens financiers très limités, elle a su donner le maximum à ses enfants tout en donnant de son temps à la communauté. Sans aucun repère sur la façon d’être père, en ce seizième jour du mois de juin en 2012, je suis devenu papa d’une fille nommée Skylar-Zoé Imanzi-Bizindavyi. Cerise sur le gâteau, ma fille est née le jour de la fête des pères.
Enfant élevé par une mère, frère de deux garçons, comment allais-je être un bon papa pour une fille ? Je n’avais aucune idée. Alors que je la prenais dans mes bras pour la première fois, je me suis promis deux choses. La première était sous forme de prière: j’aurai certainement besoin d’être guidé pour être un bon papa. La deuxième promesse à moi-même était d’être un père présent, un père impliqué, un père ami à sa fille.

Être un père présent était pour moi une manière de briser le cycle d’absence de père dans ma famille. Les circonstances allaient justement faire en sorte que je sois le seul parent présent, la plupart du temps. Juste quelques mois après la naissance de ma fille, sa mère rejoint le banc de l’école. Il fallait que j’apprenne rapidement à changer les couches, laver un bébé, le nourrir, le faire dormir, et j’en passe.
À neuf mois, Skylar a commencé à aller à la garderie. Sous la pluie, la neige ou le soleil, j’étais le transporteur désigné. À l’âge scolaire, j’étais l’enseignant chargé de faire les devoirs. Plus tard, la vie a fait que je sois un père monoparental, et devinez qui était là à mes côtés tous les jours ? Skylar-Zoé Imanzi-Bizindavyi.
Certains parlent de sacrifices d’être parent, moi je le considère comme une réponse à une prière: Ma fille est ma meilleure amie.

Article rédigé par Patrick Bizindavyi, Auteur, conférencier, coach et formateur

4 réflexions au sujet de “Les papas, ces Héros de l’ombre”

  1. Richard NDAYIZIGAMIYE

    Bravo cher ami. Courage et abnégation sont les valeurs-clés qui nous permettent de naviguer cette expérience unique, qui ne peut être répliquée.

  2. AHISHAKIYE TONY RODRIGUE

    Je suis tres edifié Tonton Paty, “je me suis promis deux choses. La première était sous forme de prière: j’aurai certainement besoin d’être guidé pour être un bon papa. La deuxième promesse à moi-même était d’être un père présent, un père impliqué, un père ami à sa fille.”
    #ETRE AMI A MES ENFANTSça c’est ma promesse à moi-meme quand j’etais jeune càd avant d m marier,BIRARYOSHE WEEEEE#
    Courage courage mon grand !! T’ES UN HERO

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