Littérature Afro ☀ 

Camara Laye

l’étudiant noir

Nous sommes officiellement au mois de septembre, mois de la rentrée scolaire pour nombre de nos jeunes afrodescendants qui, pour la plupart, ont déjà repris le chemin de l’école. C’est l’occasion parfaite pour se pencher sur un auteur africain qui a raconté les mérites de l’éducation et de l’école dans son premier roman, « L’enfant noir ». Il s’agit de nul autre que Camara Laye. 

Camara Laye est né le 1er janvier 1928 à Kouroussa dans l’Est de l’actuelle Guinée. Issu d’une famille de forgerons, il connaît une enfance heureuse entouré des siens. À l’âge de quinze ans, il doit s’envoler pour Conakry afin d’y suivre des études, l’école Georges-Poiret. Il s’oriente alors vers la mécanique puis obtient, non sans difficultés d’adaptation, son CAP de mécanicien. Désireux de perfectionner ses connaissances, il prend la décision de partir en France poursuivre son parcours. 

Admis à l’École centrale d’ingénierie automobile à Argenteuil, Laye décroche avec brio son certificat de mécanicien. C’est environ à cette époque que germent ses ambitions littéraires. Accumulant les petits boulots, il trouve malgré tout le temps de suivre des cours au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) et au Collège technique de l’aéronautique et de construction automobile. À côté, il travaille également sur ce qui sera son premier livre : “L’enfant noir”. 

Publié en France en 1953, “L’enfant noir” narre avec finesse et nostalgie l’enfance de son auteur, et par extension celle de milliers de jeunes petits africains. On y retrouve en effet de nombreux éléments qui caractérisent les jeunes années de nombreux enfants ayant grandi sur le continent noir. L’insouciance, la jovialité, l’amitié, l’amour des siens, l’étape cruciale de la circoncision mais surtout la vie scolaire et l’éducation, points sur lesquels l’auteur met un accent particulier, à travers la décision du héros (donc la sienne) de partir pour la France étudier. 

L’autobiographie, aujourd’hui au programme dans multiples établissements d’Afrique et d’Europe, a reçu le Prix Charles Veillon en 1954, et a même été adapté au cinéma en 1995. Camara a par la suite écrit d’autres romans comme “Le Maître de la parole” (1978). Il a également été haut fonctionnaire puis chercheur en Guinée et au Sénégal. Il meurt le 4 février 1980 à Dakar. 

 

Marc-Emmanuel Adjou

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