Littérature Afro ☀ 

Sona Jobarteh

La pionnière

Première artiste féminine devenue joueuse de Kora professionnelle, Sona Jobarteh est bien plus que la première femme à avoir fait sa place dans ce milieu. Elle est aussi chanteuse, compositrice, éducatrice et activiste. Portrait de cette femme aux multiples facettes.

Sona Jobarteh est anglaise par sa mère et gambienne par son père. Elle est née à Londres en 1983 (38 ans) mais elle n’a pas échappé aux traditions de sa famille du côté de son père. En effet, son grand-père Amadu Bansang Jobarteh était un grand joueur de Kora, instrument très important dans la culture de l’ethnie Mandingue dont elle est issue dans sa lignée paternelle. Cet art de la Kora s’est diffusé dans toute la famille et a été transmis à Sona par son père Sanjally Jobarteh mais aussi par son frère Tunde Jegede et son cousin Toumani Diabaté. C’est ainsi que, en ayant commencé dès l’âge de 3 ans et en passant par différentes écoles de musique en Angleterre, la talentueuse Sona est devenue la première femme à jouer de la Kora en public de manière professionnelle. 

Artiste complète, véritable virtuose, elle s’est créée une réputation à l’international. Elle s’est produite aux quatre coins du monde : Etats-Unis, Australie, Nouvelle-Zélande, Canada, Europe, Chine, Mexique et bien sûr dans de nombreux pays d’Afrique. Son talent s’est aussi exporté au cinéma, elle a réalisé des chansons notamment pour le film Mandela : Un long chemin vers la liberté ou encore Le Plus Vieil Écolier du monde, un film qui a obtenu le prix de “découverte de l’année” lors des Hollywood World Soundtrack Awards en 2012. 

Femme engagée

Forte de sa notoriété grandissante, Sona ne s’est pas contenté de diffuser son art. Femme très engagée, elle se bat pour changer les choses dans le monde au niveau social. Elle a notamment eu l’occasion de faire des discours à l’ONU et lors d’un sommet de l’Organisation Mondiale du Commerce. Mais au-delà des discours et des paroles, c’est surtout une femme d’action. Elle est également pionnière dans le domaine de l’éducation en Afrique avec l’ouverture de son académie en Gambie en 2015. Ce qui fait d’elle une novatrice dans le domaine, c’est que le programme de son école est orienté autour des valeurs, de la culture et de l’histoire africaine contrairement à beaucoup de programmes en Afrique qui sont directement hérités de la colonisation et sont très souvent de ce fait européo-centrés. 

Son objectif est vraiment de faire de son académie une “école test” pour élaborer un programme qui pourra ensuite être repris dans tout le système éducatif du pays. Et pourquoi pas ensuite dans toute l’Afrique…

“Malheureusement, aujourd’hui, le programme standard d’éducation de la Gambie et en réalité de tout le continent africain, est toujours lourdement influencé par le système européen colonial basé sur l’apprentissage par cœur. Ceci a eu un impact significatif sur les mentalités de nombreuses générations africaines, qui sont passées dans ce système. L’académie de Gambie a pour but de décoloniser de manière systématique ce système et,  à la place, éduquer les enfants africains dans une perspective africaine. Ainsi, elle les renforcera avec un sentiment inné d’estime de soi et les motivera à jouer un rôle actif dans la réforme, le développement, la construction et l’exploitation des ressources de leur propre pays, plutôt que d’aspirer à quitter leur pays.” Sona Jobarteh

Vous pouvez trouver plus de détails sur l’académie sur le site internet de l’artiste et à travers cette interview disponible sur Youtube. https://youtu.be/VFe3Ipkj3Zs

Comment se rendre utile ? 

Ce qu’il faut savoir c’est qu’il est possible de se joindre à Sona dans cette super aventure. Il y a deux façons d’apporter sa pierre à l’édifice de cette superbe initiative. La première, par le don. Il est tout simplement possible de faire des dons pour aider au développement de l’école, l’achat du matériel et le développement des locaux plus la prise en charge de nouveaux élèves. Depuis le départ, l’artiste a tout financé de sa poche et les dons permettent d’accélérer le processus de développement du projet. La deuxième façon est de se porter volontaire, bénévole pour aider à développer l’école dans divers domaines comme l’éducatif avec la réalisation des programmes mais aussi l’administratif ou encore la levée de fonds. Toutes les informations liées au volontariat se trouvent sur son site dans cette rubrique.

      Deyelle Koïta      

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